samedi 30 novembre 2013

Du conte d'enfant, au conte de fée



     Si vous avez lu mon post précédent, vous savez qu’élevée dans un petit cocon de littérature rose, ma première approche du monde féérique se limitait à celui de la « bonne fée ». Aujourd’hui, je vais vous expliquer comment j'ai finalement redécouvert le caractère originel des fées. 

© Snow Birds Copyright Susan McKivergan
     Disney avait un peu écorné la représentation que je me faisais de ces dames, sans pour autant dénaturer l’idée qu’elles ne pouvaient véhiculer que de bons sentiments. Et puis un jour, mes parents ont décrété que maintenant que je savais bien lire (et que je devenais une casse-pieds de première pour poser toujours plus de questions existentielles), il était temps de m’instruire de façon plus complète. J’ai donc eu droit de lire les contes qui avaient bercé ma petite enfance dans leur version originale. Lecture un peu ardue pour mes 8-9 ans, mais ô combien passionnante, et qui a considérablement développé mon vocabulaire. C’est d’ailleurs à partir de ce moment que ma petite muse s’est posée sur mon épaule pour ne plus s’en décrocher depuis. 

     J’ai donc découvert que les petits cochons pouvaient faire preuve de cruauté (même si c'était envers le loup) ; que le loup du petit chaperon rouge, qu'il avait préalablement mangée toute crue, était traité avec un égal sadisme par le chasseur ; que l’histoire de la Belle au bois dormant était loin de se terminer à son réveil et n'allait pas vraiment dans le sens du : ils vécurent heureux (sans parler de la polémique du baiser que j'ai comprise plus tard) ; que le désir du père de Peau d’âne était assez glauque. En résumé, beaucoup de situations inattendues et de nouvelles questions pour mes parents .

     Mais contrairement à ma déconvenue Disney, j’ai immédiatement adhéré à ce monde plus conforme à celui que j’entrevoyais autour de moi. La féérie retrouvait une crédibilité nouvelle. A l’origine, les contes sont censés représenter une sorte de porte initiatique (je parle de ceux qui ne sont pas édulcorés). Elle a fort bien fonctionné avec moi. D’un coup, je me suis mise à réfléchir différemment. J’ai compris entre autres que les choses vous tombent rarement toutes cuites dans le bec, et que leur obtention entraîne souvent une contrepartie..

     Le dernier auteur dont j’ai lu les œuvres originales s’appelle Andersen. Il demeure d'ailleurs mon auteur de contes préféré à ce jour, bien que certaines de ses histoires soient d’une grande tristesse. Je n’arrive toujours pas à terminer La petite fille aux allumettes sans avoir les larmes aux yeux, et la fin de la petite sirène (pas celle de Disney hein, la vraie fin !) m’émeut toujours autant. 

     Quel rapport avec la modification de ma représentation des fées allez-vous me demander ? Il arrive. Et il découle directement de l'écriture de ce génial écrivain. Car c'est en lisant les contes d'Andersen que j'ai découvert une histoire que je ne connaissais pas encore : La reine des neiges. C’est là que tout à basculé, à travers un personnage qu’Andersen ne définit jamais clairement comme une fée. Car non, je n’ai pas du tout été influencée par la magicienne qui essaie à un moment donné de retenir Gerda, mais bien par celui de la reine elle-même. Sa place dans l’histoire m’a tout de suite interpellée. Froide, apparemment insensible et dotée d’un pouvoir magique certain, elle ne se comporte ni en sorcière, ni en fée, et pourtant… 



     Ce sont les contradictions qui émaillent la représentation de ce personnage hors norme que je vous propose de découvrir dans le troisième épisode. Car c’est bien  en m'interrogeant sur le caractère étonnant de cette reine étrange, que je me suis enfin forgé une idée plus complète de ce que pouvait être une fée.







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