mardi 6 septembre 2016

De la misogynie dans l'écriture ?



     Je lis parfois que des auteurs s’adonnent à une certaine misogynie lorsqu’il s’agit d’écrire des romans parlant d’homosexualité masculine. Le pire, c’est qu’il semblerait que ce défaut pointe principalement de la part d’auteurs femmes. Et là, j’ai du mal à comprendre. 

     Dans un monde où la femme vit déjà suffisamment de mise à l’écart, je trouve cela dommage. Ponctuellement, c’est tout à fait défendable, dans le sens qu’il existe de tout pour faire un monde et que nos personnages suivent ce schéma. C’est quand cela devient systématique que le bât commence à blesser. Le fait de mettre en avant des héros homosexuels doit-il automatiquement amener à taper sur l’autre sexe ? Je ne pense pas. Tout comme je suis persuadé que dans la vraie vie, la plupart des  gay n’éprouvent absolument pas ce genre de mépris.

     Alors, d’où vient cette dérision frisant la condescendance pour la femme de la part de certains auteurs, elles-mêmes femmes ? Je n’en sais fichtrement rien, mais cela m’intrigue. Pour ma part, j’essaye, autant que faire ce peu, d’éviter ce travers. 

     Mon dernier roman en cours parle de la Chine à la fin du XIXe siècle, d’un bracelet mystérieux et d’homosexualité masculine. Trois femmes, en tant que personnages secondaires, y tiennent une place importante. Leurs agissements influent même grandement sur le déroulement de l’histoire. Certaines se trompent, d’autres suivent leur caractère ou bien s’en réfèrent au poids des traditions. Leurs sentiments à la perte d’un être cher peuvent aussi les amener à réagir de façon cruelle, mais je l’espère toujours justifiée.

     L’une apprendra de ses erreurs, l’autre se renforcera dans sa dureté par amour, quant à la troisième, son rang orientera ses réactions en fonction de la place qu’elle occupe, et non de ses désirs propres. En conclusion, même si le parcours de ces femmes les pose parfois en obstacle à l’attachement profond de mes héros, je n’ai pas l’impression de sous-estimer l’importance de la gent féminine. 

     À travers les 29 chapitres déjà écrits, j’ai cherché à montrer comment le cours des évènements peut enclencher une évolution inattendue, et pousser à des interventions significatives, sans pour autant qu'elles soient systématiquement négatives. Enfin, voilà tout au moins ce à quoi je m'efforce. Ai-je réussi ? De cela, j’espère un jour avoir la confirmation par vous-même, suite à la lecture de ce roman.
 Peinture de Wu Shanming